CÉRAMIQUE

Planche peinte, dite aquarelle. Représentation d'un service à fumeur, d'une mule et d'une bottine.

Musée de la Céramique

numéro d'inventaire : [6_091_4_034.B.P53]
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Localisation

Non exposé

Description

La planche peinte à la main, dite aquarelle, reçoit la représentation, en perspective et de profil, d'un ensemble d'objets destinés à être produits en faïence : un service à fumeur, dit "Fumeur Louis XV décor rocailles [sic]" et deux objets décoratifs adoptant, l'un, la forme d'un sabot, dit "Sabot C", l'autre, celle d'une "Petite bottine". Le service à fumeur est composé d'un plateau, d'un pot couvert à tabac, d'un pot à cigare, d'un autre à cigarettes, d'un dernier à allumettes et d'un cendrier. Le plateau, à bord chantourné, est pourvu d'anses vertes torsadées et mouchetées. Les pots, de section carrée ou rectangulaire, sont cannelés. Un décor polychrome de cartouches à enroulements en C et en S, se décline sur l'ensemble des pièces. Y sont associés des oiseaux branchés, des coquilles, des tiges fleuries, des festons et des rubans dans une palette polychrome chatoyante et équilibrée. Le sabot reçoit un décor de fleurs et de tiges fleuries en semis. Une teinte rose violacée s'ajoute à la palette traditionnelle du grand feu. Ses contours sont soulignés d'un ligne jaune et ocre, tout comme ceux de la bottine qu'agrémentent un galon jaune moucheté de rouge et un quadrillage sur l'avant du pied. Les couleurs sont posées à la main sur une feuille dont les formes, les motifs, les légendes et l'en-tête ont été préalablement imprimés en noir.

Inscriptions

FOURMAINTRAUX-COURQUIN MANUFACTURE DE FAÏENCES DE DESVRES (PAS-DE-CALAIS) [en-tête] - SABOT C - FUMEUR LOUIS XV DECOR ROCAILLES - PETITE BOTTINE [légende imprimée] - 576 - Poly 3.25 - N°328 - Poly ou Delft 64.00 - 328 A Le plateau seul 30.00 - 328 B Pot à tabac seul 20.00 - 328 C Pot cigares seul 8.00 - 328 D Pot cigarettes seul 4.50 - 328 E Pot allumettes seul 3.00 - 328 F Cendrier seul 3.25 -105 - Poly 3.50 [annotations]

Matériaux

Techniques

Dimensions

Hauteur en cm : 50
Largeur en cm : 64.8

Histoire

Auteur / Fabricant

Manufacture Fourmaintraux-Courquin (créateur, auteur de la composition, coloriste)

Éditeur / Imprimeur

Anonyme (lithographe). Cette planche est à rapprocher des lithographies de l'imprimeur Simonnaire à Boulogne-sur-Mer.

Destinataire

Représentants de commerce

Datation / Époque

1890-1900

Provenance géographique

France, Desvres, Rue de la Belle-Croix

Contexte d'utilisation

Les aquarelles et autres planches imprimées présentent des modèles de pièces recevant généralement un intitulé et un numéro. Elles constituent le répertoire des formes et des décors de la manufacture dont elles proviennent et sont destinées aux représentants de commerce. C'est pourquoi une même aquarelle a vocation à exister en de multiples exemplaires. Des annotations y sont fréquentes et se rapportent aux numéros, aux tailles, aux prix et aux décors des pièces ainsi déclinées. Si ces documents n'ont pas été prévus pour servir de modèles aux décorateurs au sein des ateliers, il est probable en revanche que la mise en couleur de planches vierges ait constitué un exercice pour les apprentis décorateurs. Celle des planches destinées à être conservées étaient, quant à elle, probablement confiée aux contremaîtres.

Fondée en 1863, rue de la Belle- Croix à Desvres, la société Fourmaintraux-Courquin devient la société Fourmaintraux-Courquin et ses Fils en 1896, puis Charles Fourmaintraux en 1900, Fourmaintraux et Gand en 1912, Fourmaintraux et Delassus en 1919. Elle connaîtra de multiples développements et transformations au cours du 20e siècle, avec plusieurs sites d'implantation. Celui de la Belle Croix cessera son activité céramique en 1998.

Spécialisée dans les carreaux de faïence à sa création, la société Fourmaintraux-Courquin s'est lancée dans la production de faïences dites artistiques (faïences décoratives couvrant le champ des arts de la table, des vases et des bibelots) quelques années plus tard, au cours de la décennie 1870. Pionnière dans la région, elle s'est d'abord employée à reprendre les styles historiques et à en combiner les caractéristiques - ce qui deviendra la marque de fabrique de Desvres - avant de créer des modèles originaux. La société ferme son atelier de faïences artistiques vers 1931 pour se recentrer avec efficacité sur le carreau et toutes les déclinaisons des articles de céramique architecturale. Avant de recourir à des feuilles lithographiées, les manufactures ont réalisé leurs planches de formes intégralement à la main, traçant le dessin au graphite, le soulignant à l'encre puis y apposant les couleurs à l'aide de gouache travaillée partiellement en lavis pour suggérer les volumes. C'est probablement de cette technique que provient le terme d'"aquarelle" maintenu à Desvres par la suite pour désigner toute planche colorée présentant des modèles proposés en céramique.