CÉRAMIQUE

Planche peinte, dite aquarelle. Représentation d'un plat octogonal à anses, dit bannette.

Musée de la Céramique

numéro d'inventaire : [6_060_Bi.P105]
Galerie

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Description

La planche peinte à la main, dite aquarelle, reçoit la représentation, de face, d'un objet destiné à être produit en faïence : un plat de forme octogonale muni de deux anses, généralement désigné sous le terme de bannette. Dans une palette essentiellement bichrome, où dominent les rouges et les bleus discrètement rehaussés d'un filet et de quadrillages ocres, le plat reçoit un décor de lambrequins déployés sur le pourtour de la pièce et organisés autour d'une rosace centrale, au sein desquels prennent place des fleurs stylisées dont certaines évoquent des pivoines.Ses anses sont ornées de motifs composés de noeuds et de filaments rouges, dont les deux plus petits évoquent les papillons et autres moustiques stylisés fréquents dans les décors d'inspiration rouennaise. Les couleurs sont appliquées sur une feuille dont les formes, les motifs, la légende et l'en-tête ont été préalablement imprimés en noir. La planche est incomplète et réduite à sa moitié supérieure.

Inscriptions

FOURMAINTRAUX-COURQUIN MANUFACTURE DE FAÏENCES DE DESVRES (PAS-DE-CALAIS) [en-tête] - PLAT OCTOGONE N° 1 [légende imprimée] - N° 488/1 - Plat octogone 488 - Se fait en 2 tailles - 488/1 corne, fleurs, etc. 8F - 488/1 lamb. rayonnant, décor G 10F - 488/2 corne, fleurs, etc. 12F - 488/2 lamb. riche et G 16F [annotations]

Matériaux

Techniques

Dimensions

Hauteur en cm : 32
Largeur en cm : 49.5

Histoire

Auteur / Fabricant

Manufacture Fourmaintraux-Courquin (créateur, auteur de la composition, coloriste)

Éditeur / Imprimeur

Anonyme (lithographe). Cette planche est à rapprocher de celui des lithographies de l'imprimeur Simonnaire à Boulogne-sur-Mer.

Destinataire

Représentants de commerce

Datation / Époque

1890-1900

Provenance géographique

France, Desvres, Rue de la Belle-Croix

Contexte d'utilisation

Les aquarelles et autres planches imprimées présentent des modèles de pièces recevant généralement un intitulé et un numéro. Elles constituent le répertoire des formes et des décors de la manufacture dont elles proviennent et sont destinées aux représentants de commerce. C'est pourquoi une même aquarelle a vocation à exister en de multiples exemplaires. Des annotations y sont fréquentes et se rapportent aux numéros, aux tailles, aux prix et aux décors des pièces ainsi déclinées. Si ces documents n'ont pas été prévus pour servir de modèles aux décorateurs au sein des ateliers, il est probable en revanche que la mise en couleur de planches vierges ait constitué un exercice pour les apprentis décorateurs. Celle des planches destinées à être conservées étaient, quant à elle, probablement confiée aux contremaîtres.

Fondée en 1863, rue de la Belle- Croix à Desvres, la société Fourmaintraux-Courquin devient la société Fourmaintraux-Courquin et ses Fils en 1896, puis Charles Fourmaintraux en 1900, Fourmaintraux et Gand en 1912, Fourmaintraux et Delassus en 1919. Elle connaîtra de multiples développements et transformations au cours du 20e siècle, avec plusieurs sites d'implantation. Celui de la Belle Croix cessera son activité céramique en 1998.

Spécialisée dans les carreaux de faïence à sa création, la société Fourmaintraux-Courquin s'est lancée dans la production de faïences dites artistiques (faïences décoratives couvrant le champ des arts de la table, des vases et des bibelots) quelques années plus tard, au cours de la décennie 1870. Pionnière dans la région, elle s'est d'abord employée à reprendre les styles historiques et à en combiner les caractéristiques - ce qui deviendra la marque de fabrique de Desvres - avant de créer des modèles originaux. La société ferme son atelier de faïences artistiques vers 1931 pour se recentrer avec efficacité sur le carreau et toutes les déclinaisons des articles de céramique architecturale. Avant de recourir à des feuilles lithographiées, les manufactures ont réalisé leurs planches de formes intégralement à la main, traçant le dessin au graphite, le soulignant à l'encre puis y apposant les couleurs à l'aide de gouache travaillée partiellement en lavis pour suggérer les volumes. C'est probablement de cette technique que provient le terme d'"aquarelle" maintenu à Desvres par la suite pour désigner toute planche colorée présentant des modèles proposés en céramique.